Sommeil et transport

Les transports – en commun ou particuliers – semblent être des lieux privilégiés pour trouver le sommeil. A l’arrière d’une voiture, dans le train, le car ou même dans une moindre mesure le métro et le bus, ce sont pour beaucoup des lieux de relâchement, propice à la somnolence. Mais pourquoi constitue-t-il pour un si grand nombre des formes de dortoirs ambulants ?

Les Français ne dorment pas assez

Selon une étude conduite par l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance, un Français sur trois serait en manque de sommeil. Ce manque de sommeil combiné à une irrégularité des heures de coucher et de réveil entraînent naturellement un état de fatigue générale pouvant conduire à la somnolence. Aussi est-il constaté dans cette enquête de l’INSV que près de 40% des Français actifs occupés sont sujets à la somnolence dans les transports en commun, à l’aller et au retour.

La somnolence dans les transports peut donc s’expliquer par ce manque de sommeil. Quand on ne dort pas assez et qu’on ne peut pas faire la sieste au bureau, les transports en commun apparaissent alors comme un lien par défaut, un lieu dans lequel il est possible de se laisser aller à la somnolence, de fermer les yeux voire de dormir.

Rarement confortables, souvent bruyants et pourtant si propices à l’endormissement 

Les transports ont cela de commun qu’ils tendent à bercer les âmes qu’ils conduisent d’un endroit à un autre. Dans le blog du Monde.fr, on peut trouver le témoignage de Ludovic, habitué du TER entre Laval et Rennes, raconte le train qui « se met en marche avec son oscillation lente et caractéristique, tel un berceau d’acier agité par la main d’un géant ». Les effets sont immédiats : « La chaleur envahit petit à petit mon corps en suivant le rail de ma colonne vertébrale. Le paysage défile, les vaches s’estompent et se fondent dans le vert de leurs prés. La force de l’habitude ». 

Aussi le sommeil dans les transports semble-t-il ne pas tenir qu’à l’état de fatigue dans lequel se trouvent une partie importante de ceux qui les empruntent. C’est aussi que ces lieux sont par nature propices à l’endormissement. Sur un accoudoir rigide, une table en plastique dépliée, une fenêtre de voiture soumise à ses vibrations ou dans un métro à l’apparence austère, le déplacement, la présence des autres à comme quelque chose de rassurant. Ce sont des berceaux ambulants.

Quand on a rien à faire, il est plus facile de trouver le sommeil 

La troisième raison qui fait des transports un lieu privilégié pour l’endormissement tient à l’ennui qui peut saisir ses utilisateurs. Quand on a rien de mieux à faire : on dort, on tue le temps. Un voyage en car de 8h est nettement moins agréable lorsqu’on le passe éveillé de bout en bout à regarder les voitures et les champs défiler sous ses yeux.

Quand on s’ennuie : on dort.